Jacques Barbaud chante Brel

« Pour que le silence n’ait jamais le dernier mot »

Revue de presse
Un Jacques peut en cacher un autre
Un Jacques peut en cacher un autre

Barbaud chante Brel au Purple Lounge du Casino 2000 (Luxembourg)

"Chanter Brel" - une mission, qui déjà en soi paraît impossible, tellement la personnalité du chanteur bruxellois, dont on a marqué le 30ème anniversaire de la mort deux jours à peine avant le concert de Mondorf-les-Bains, est forte, unique et surtout encore présente.

Pourtant c'est une soirée riche en émotion et empreinte de justesse et de respect, que le public a pu partager, vendredi soir au Purple Lounge du Casino 2000, avec le chanteur Jacques Barbaud.

Quand ce dernier entre en salle, accompagné de son pianiste, seul le costume noir et la cravate étroite font penser à Brel - aucune ressemblance physique entre le chanteur et son idole, et c'est bien de cela que Barbaud fait son avantage le plus judicieux. Car il n'est point là pour imiter, mais pour interpréter.

Pourtant dès la première ligne de "La chanson de Jacky" c'est bien le chanteur belge que les spectateurs croient voir se matérialiser devant leurs yeux ébahis. Même phrasé saccadé, bousculé, même exubérance gestuelle qui envahit l'espace de la scène et surtout même intensité émotionnelle à en couper le souffle. La ressemblance est d'autant plus troublante, qu'elle semble libérée de tout repère physique.

"J'ai rencontré Brel, quand il n'était plus parmi nous. Dans une émisison de télévision, qui lui était dédiée...", avoue Barbaud ému. Pourtant la passion est immédiate et irrémédiable - depuis vingt-cinq ans maintenant, un Jacques en fait revivre un autre sur scène.

Aucun des grands classiques de Brel ne manquera à l'appel ce soir-là. "Quand on a que l'amour", "Rosa", "La valse à mille temps", "Le port d'Amsterdam", "Mathilde" ou encore "Ne me quitte pas" rouvrent les portes du passé et font resurgir une oeuvre intemporelle. Mais Barbaud s'emploie aussi à révéler des pages moins connues de Brel comme cet "L"amour est mort" désarmant.

Electrisé par le souffle vital propre aux grandes figures parties trop tôt, l'assitance nombreuse se fait rapidement choeur improvisé et fredonne les textes empreints de la poésie mélancolique de Jacques Brel, qui échappe à jamais à l'emprise du temps. Quand dans "Le plat pays..." Barbaud s'octroie le droit de modifier le texte en "... qui est le sien", la communion des deux interprètes est éloquente et totale. Une soirée qui n'a pas uniquement redonné vie aux chansons de Jacques Brel, mais qui a aussi et surtout redonné couleur à un souvenir que l'on croyait terni. A tort, bien évidemment ...

Par Vesna ANDONOVIC
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